L'histoire de Vidéotron

Vidéotron ltée est une pionnière de l'industrie canadienne de la télédistribution et un exemple classique d'une entreprise, ayant vécu les changements qui ont secoué le monde des affaires, au cours des deux dernières décennies. Filiale du Groupe Vidéotron ltée, Vidéotron, qui n'était à ses débuts, voilà plus de 30 ans, qu'une modeste entreprise de télédistribution installée en banlieue de Montréal, est aujourd'hui la deuxième entreprise de télédistribution en importance au Canada et la première au Québec. L'entreprise offre une gamme variée de services, dont la télévision par câble, la télévision payante et la télévision numérique ainsi qu'un accès haute vitesse à l'Internet par modem câble et ligne commutée. Au début de 1999, Vidéotron comptait plus de 1,5 million d'abonnés à son service de base.

Le défi de Vidéotron

Tous ceux et celles qui connaissent l'industrie de la télédistribution savent que les entreprises d'aujourd'hui ont progressé bien au-delà de la simple transmission de signaux de télévision par câble à leur clientèle. Autrefois, lorsque les entreprises de télédistribution utilisaient leurs lignes pour la transmission unidirectionnelle de signaux de télévision, la question de l'interférence était sans doute moins importante. Plus que tout autre facteur, c'est l'arrivée des modems câble qui a favorisé l'utilisation à grande échelle de la voie amont (voie de retour). Toutefois, la transmission de données par voie amont est particulièrement vulnérable aux parasites électriques extérieurs et aux autres formes d'interférence. Les interruptions de service ne constituaient plus une nuisance mineure, mais plutôt un problème grave inacceptable dans un secteur où la concurrence est féroce. Il fallait trouver un moyen d'isoler les problèmes de réseau sans couper le courant et les signaux RF de noeuds entiers.

Selon Yves Picard, vice-président, Ingénierie - Développement technologique chez Vidéotron, «la seule chose que nous pouvions faire était de déconnecter chaque ligne de distribution afin de voir quel effet cela entraînerait à la tête de réseau... Il est insensé d'effectuer une réparation de cette façon… Lorsqu'il y a interférence, il faut trouver le branchement défectueux et essayer de l'isoler».

La méthode classique appliquée pour préciser et localiser la source d'interférence commence à la tête de réseau. La vérification de chaque noeud, pour y découvrir l'interférence, requiert la connexion d'un analyseur de spectre à un point de mesure à la fois - un procédé qui peut nécessiter des heures, selon le nombre de noeuds et le temps de transmission. Habituellement, la source d'interférence est localisée grâce au processus d'élimination. En partant du noeud, les atténuateurs dans les amplificateurs de retour sont retirés de chaque ligne de distribution du noeud - coupant la voie amont - jusqu'à ce que l'interférence disparaisse. Ensuite, la recherche est restreinte à une zone de distribution. Le technicien se rend ensuite au prochain amplificateur de ligne situé en aval du noeud, et répète le procédé. Le processus se poursuit jusqu'au moment où le technicien isole le segment de distribution qui génère l'interférence. Chaque ligne de distribution peut comporter en moyenne quatre amplificateurs et 30 dispositifs passifs ou plus (prises multiples, coupleurs, diviseurs, etc.), ce qui signifie qu'il faut un minimum de deux heures à la tête de réseau pour confirmer qu'un problème existe et un minimum de quatre heures sur le terrain pour isoler l'interférence. Pour ce faire, le technicien doit grimper aux poteaux, ouvrir les amplificateurs, débrancher des segments de réseaux, etc.

La solution : le module de commutation de la voie amont CLEARPathMD d'Electroline

Electroline a capté l'attention de l'industrie par l'utilisation de la technologie RF de commutation adressable à distance destinée à un nombre relativement limité d'applications clients (immeubles d'habitation, etc.). En 1996, Vidéotron, qui avait réalisé un projet pilote utilisant des applications de voie amont, a abordé Electroline dans le but de déterminer si cette technologie pouvait être utilisée pour la gestion de lignes de réseaux.

Ce projet a permis la mise au point et le lancement du module de commutation de la voie amont CLEARPath. La capacité de détection du module de commutation de la voie amont permet d'isoler un segment «bruyant» de l'ensemble du réseau, permettant ainsi de laisser la voie amont libérée et le réseau en état opérationnel jusqu'à ce que le dommage soit réparé.

La solution CLEARPath

L'installation sur le terrain de modules de commutation de la voie amont CLEARPath s'est traduite par des économies d'exploitation substantielles, grâce à la réduction du temps requis pour localiser une panne, qui est passé de plusieurs heures, voire des jours, à quelques minutes, sans qu'il y ait d'interruption des services facturables. Les techniciens Vidéotron peuvent, à partir d'un endroit, effectuer des tests approfondis de la voie amont. De plus, le système est évolutif, ce qui signifie que des modules de commutation de la voie amont supplémentaires peuvent être ajoutés au besoin, permettant d'effectuer une recherche en profondeur pour localiser l'interférence dans la cellule.

Le second avantage clé de ce procédé est que le service dont profitent les clients payants existants n'est pas interrompu. Les clients qui profitent d'un service fiable sont des clients satisfaits et ces clients assurent la survie d'une entreprise. Au début de 1999, Vidéotron avait déjà installé plus de 10 600 modules de commutation de la voie amont CLEARPath sur son réseau de la région montréalaise et elle prévoit en installer 1 500 autres prochainement.

Fonctionnement du commutateur CLEARPath

Pour localiser la source de l'interférence à l'aide des modules de commutation de la voie amont CLEARPath, un atténuateur de 6 dB est mis en circuit de façon sélective sur la voie amont. Ces commutateurs ne coupent pas l'alimentation et n'affectent pas les services de transmission de données haute vitesse. Aux endroits où l'interférence est grave, où il se peut que les services ne soient pas encore déployés, où les installations sont en voie de modernisation, il est possible de fermer momentanément (terminer) la bande de 5-42 MHz. La commutation de champ est commandée par le logiciel de gestion de la voie amont d'Electroline et les résultats sont affichés pour interprétation sur un analyseur de spectre. Si l'écran affiche une réduction du captage de 6 dB ou si l'interférence disparaît (selon l'option sélectionnée), le segment de réseau «bruyant» a été localisé; il s'agit alors simplement de commuter les modules de commutation de la voie amont, plus avant dans le réseau, afin d'établir l'origine exacte de l'interférence. Une fois que la source de l'interférence est localisée à l'intérieur du segment ou de la zone, les techniciens sont dépêchés sur les lieux.